Vendredi 17 juillet 2026, le Centre Hospitalier Ouest Réunion (CHOR) célébrait la pose de la première pierre de son futur bâtiment ambulatoire. Cette étape s’inscrit dans le projet CHOR 2030, décliné en deux volets : la surélévation de l’aile Sud, terminée d’ici septembre 2026 et la construction d’un bâtiment ambulatoire, avec une ouverture aux patients fixée au premier trimestre 2028.
Mis en service en mars 2019, le CHOR est aujourd’hui l’établissement de référence pour près de 230 000 habitants, de Saint-Leu à La Possession, soit un quart de la population réunionnaise. Certifié Très Haute Qualité Environnementale (THQE), l’hôpital affiche un taux d’occupation de 98 % et un tiers de ses séjours concerne de l’ambulatoire, des chiffres qui traduisent une tension croissante sur ses capacités d’accueil.
Le nouveau bâtiment ambulatoire de trois niveaux représente un investissement colossal de 27,4 millions d’euros qui doit permettre à l’établissement hospitalier d’absorber la croissance démographique du Territoire Ouest et de renforcer sa capacité de prise en charge en chimiothérapie, dialyse et consultations spécialisées. L’édifice abritera 44 places d’hôpital de jour supplémentaires.
Un territoire sous tension, un hôpital qui doit grandir
Pour Jean-Jacques Coiplet, directeur de l’ARS La Réunion, l’enjeu dépasse la seule question hospitalière : « Ce territoire représente un quart de la population de La Réunion. Il est marqué par une forte et dynamique densité et progression de la population, mais aussi par des réalités géographiques et sociologiques, avec des fragilités sociales importantes. Aujourd’hui, un tiers des patients sont couverts par une complémentaire santé solidaire. L’accès aux soins représente donc un enjeu majeur de justice sociale. Renforcer l’hôpital public de proximité, c’est un levier essentiel pour réduire les inégalités territoriales et sociales de santé ». Sur l’île, le cancer reste la première cause de mortalité, responsable de 27 % des décès.
Un bâtiment cofinancé …
Le chantier est cofinancé par l’Union européenne dans le cadre du programme FEDER- FSE+ Réunion, dont la gestion est confiée à la Région Réunion, à hauteur de 10 millions d’euros, complété par 17,4 millions financés par le CHOR lui-même, soit 27,4 millions d’euros au total.
Emmanuel Séraphin, maire de Saint-Paul et président du Conseil de surveillance du CHOR, y voit l’aboutissement d’une ambition de longue date : « Ce projet immobilier incarne notre ambition avec une vision à CHOR 2030. Avec 100 lits et places supplémentaires, nous atteindrons enfin les chiffres que nous avions fixés depuis le départ. Le CHOR augmentera sa capacité d’accueil de 20 % ».
… au coeur d’un nouveau quartier de vie
Le nouveau bâtiment ne sera pas un objet isolé : il s’implante à proximité immédiate du site de la Plaine de Cambaie, où doit se déployer, sur les trente prochaines années, l’Ecocité insulaire et tropicale créole portée par le Territoire Ouest, la Région et l’État.
Ce projet urbain prévoit à terme des milliers de logements, un pôle d’affaires, des équipements sportifs et de loisirs, une agriculture urbaine réinventée et de nouvelles mobilités. « Le CHOR et son futur bâtiment ambulatoire seront naturellement au cœur de ce nouveau quartier de vie. C’est toute la cohérence de notre vision pour l’Ouest : construire ensemble un territoire résilient, connecté et tourné vers l’avenir », souligne Emmanuel Séraphin.

Moins d’attente, plus de confort
Du côté médical, le vice-président de la Commission Médicale d’Établissement (CME) du CHOR, le Dr Pascal Delpire, part du constat du quotidien hospitalier : « Ce bâtiment est une réponse à ce que nous vivons auprès de nos patients. Tous les jours, dans nos services, nous voyons des patients attendre une séance de chimiothérapie, une dialyse, une consultation spécialisée. Nous voyons des prises en charge qui pourraient être plus rapides, plus fluides, plus confortables. »
Il détaille la philosophie architecturale retenue : « Chaque choix architectural de ce bâtiment a été pensé du point de vue du patient et du soignant. Des parcours plus lisibles, une signalétique repensée, des flux séparés selon les besoins de chaque patient et une prise en charge plus rapide dès l’arrivée. Concrètement, cela signifie pour nos patients moins d’attente, plus de confort et une diminution des hospitalisations via les urgences. »
Le Dr Delpire relie directement le projet aux priorités fixées par l’ARS : « Avec ce bâtiment, nous apportons les réponses concrètes attendues par la population et inscrites dans le Projet Régional de Santé 2023-2033 : une meilleure prise en charge des maladies chroniques, le développement de la filière oncologique, une meilleure prise en charge des personnes âgées, le renforcement de la prise en charge de l’insuffisance cardiaque et la lutte contre le diabète. »
Une construction sur trois niveaux
Au rez-de-chaussée du nouveau bâtiment, dédié entièrement à la prise en charge ambulatoire, les patients viendront donc à la journée. Celui-ci disposera d’une unité de chimiothérapie de 18 places, d’une extension du plateau ambulatoire déjà existant de 26 places supplémentaires et de salles de consultations spécialisées.
« Le premier étage accueillera la relocalisation de l’extension du centre de dialyse Ouest-Réunion, juste à côté, qui compte aujourd’hui 12 postes et qui pourra demain en déployer 24 », précise Nathalie Robin-Sanchez, Directrice générale du CHOR et de l’EPSMR.
Le deuxième étage sera consacré à la relocalisation des fonctions support et des bureaux, qui manquent « cruellement pour nos professionnels ». Au-delà du bâti, la directrice générale met en avant l’impact sur l’emploi local : « CHOR 2030, c’est une perspective de 200 emplois au service du soin. »
Le CHOR, seul établissement public de médecine-chirurgie-obstétrique (MCO) d’Outre-mer certifié avec la mention « Haute Qualité des Soins », fait partie des 20 % d’établissements français à avoir obtenu cette distinction. Un gage de qualité que la direction entend consolider.
Rendez-vous en 2028
Le calendrier reste, à ce stade, tenu. La livraison du bâtiment ambulatoire est prévue pour décembre 2027, avant le passage devant la commission de sécurité et une mise en service annoncée au premier trimestre 2028.
Dans le même temps, les travaux de surélévation de l’aile Sud (1848m2) se poursuivent, pour ajouter 60 lits d’hospitalisation complète d’ici septembre prochain. Deux chantiers, une même trajectoire : celle d’un hôpital de l’Ouest qui grandit au rythme de son territoire. Lors de son ouverture en mars 2019, le CHOR disposait de 310 lits et places. D’ici la fin de la décennie, ce chiffre devrait passer à 414.






